Une rentrée bien chamboulée.

De retour avec un blabla ciné pour un film qui se chargera aussi de faire un récap’ de son réalisateur.

Mercredi dernier, Quentin Dupieux a fait son retour en salles obscures deux ans après Rubber. Le réalisateur, connu pour son style musical controversé qu’il livre sous le pseudonyme de Mr. Oizo, est un artiste complet qui a su gagner le terrain du cinéma et de la musique grâce à un réseau bien formé et un style résolument décalé.

Côté cinéma donc, il a commencé par Nonfilm, une performance dont l’amateurisme sidère tant par la technique que par le scénario. Disponible en streaming sur Vimeo (cliquez ici), Dupieux fait venir ses potes Kavinsky et Sébastien Tellier pour nous livrer cinquante minutes de n’importe quoi où le compositeur de My God is Blue est au sommet de son absentéisme.

C’est six ans plus tard qu’il revient avec l’encensé long-métrage Steak avec pour protagonistes le duo qui a fait ses preuves, Eric et Ramzy. Steak est un second hommage au grand n’importe quoi. Dans un monde où la chirurgie esthétique est devenue aussi courante que l’eau du robinet, Steak explore, pas souvent avec subtilité, la dimension stupide que les effets de mode peuvent avoir et leur implication sur la réussite des liens sociaux. Tout est remis en question ; beauté, distraction, réussite et intellect. C’est un film qui se passe de début et de fin, qui suit une trame plus ou moins logique mais qui ne bouscule pas les sens malgré des références prononcées pour le chef d’oeuvre de Kubrick, Orange Mécanique.

Trois années ensuite sortait Rubber, le film dont le concept est sans doute le plus déjanté mais le plus captivant des films de Dupieux. L’histoire d’un pneu tueur et télépathe attiré par une jeune fille dont l’aventure est observée depuis l’autre bout du désert par un petit groupe de privilégiés. Le film reprend de loin les codes de la première performance de Mr. Oizo, Nonfilm. Le chef de la patrouille, qui ouvre le film en annonçant un hommage au « no reason » est celui qui bouleverse une nouvelle fois les codes en expliquant, une fois mais en vain, que le film est terminé et que les dits spectateurs sont tous morts. La suite n’est pas de cet avis… Rubber part du concept le plus psychédélique mais prouve le travail de cohésion dont Dupieux a su faire preuve grâce à une trame plus ordonnée et moins complexe à suivre. Rubber a un début, une fin bien définie et suscite l’intérêt. Toujours un clin d’oeil évidemment avec la présence cette fois de Gaspard Augé (qui l’a assisté dans l’élaboration de la BO du film) et de Pedro Winter.

WRONG

Sorti mercredi 5 septembre dernier en salles, Wrong est un merveilleux compromis des expériences passées de Quentin Dupieux. Un film rythmé autour de scènes truffées de détails tous plus absurdes les uns que les autres bâti sur un scénario-concept des plus simples voire bénins.

Dolph Springer se réveille un matin, et constate la fugue de son chien. Dolph, c’est le voisin à qui on ne pose pas de question, mais c’est un vrai bordel. Viré il y a trois mois, Dolph continue pourtant d’aller à son travail et aime prétendre travailler ; il s’interroge sur la signification du logo de la nouvelle pizzeria du coin qui lui a glissé un dépliant dans sa boite aux lettres ; il adore les palmiers dans son jardin et a un réveil de chevet très particulier.

Le retour d’Eric Judor ajoute au côté « n’importe quoi » de Wrong. Le film est, en terme de structure et de perception, l’opposé abouti de Rubber par sa qualité technique, la facilité de suivre une trame tout en étant parfois perdu. Dupieux a su trouver la part belle entre scénario simple et multitudes de points de vue, de protagonistes et de détails scéniques qui nous laissent perplexe mais surtout qui nous maintient à coups de « Ah mais oui il l’avait dit ! ».

En résumé, Wrong est une belle histoire qui se démarque de par sa narration ; Studio Ciné Live a récemment placé Dupieux comme le Lynch de la comédie. Mention spéciale pour la BO signée par le réalisateur lui-même en collaboration avec Tahiti Boy, particulièrement pour le titre « Resolution ». C’est donc avec beaucoup d’impatience que j’attends son prochain opus.

Je vous laisse avec la bande-annonce du film, le morceau Resolution et une petite question pour ceux qui auraient vu chaque film de Quentin Dupieux 😉

À bientôt !

Le teaser

Le morceau

La question !

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Deux mois en une page, pratique.

Bonjour !

Voilà la saison estivale, qu’on assimile au fait de se prélasser, qui s’évapore petit à petit à l’approche du mois de septembre. Quelques derniers profiteurs ont toujours des parasols au-dessus de leur tête ou sillonnent les paysages au gré d’un traffic parfois lent, parfois fluide, sous une chaleur suffocante.

Personnellement, mes vacances ont été rythmées par les festivals et concerts en tout genre auxquels j’ai pu assister. Septembre sera également un beau mois marqué par la venue de Sigur Ròs au théâtre antique d’Arles.

Pas vraiment de blabla pour ce post, juste ce petit mot, et à suivre quelques passages de ces superbes moments musicaux, et l’annonce du prochain article d’ici mi-septembre.

JUSTICE – LIVE AT NÎMES

Le concert des arènes qui a su attirer les plus belles rumeurs. Rumeurs qui tendent à se confirmer via certains blogs ou certains actes directement sur YouTube… Une capture d’écran à l’appui :

Un interdit qui a bon goût…

Alors, Justice en live aux Arènes de Nîmes : le prochain DVD baptisé « Justice for all » en hommage à MetallicA ? Du nouveau très vite, on l’espère.

SÉBASTIEN TELLIER AU PONT DU GARD

Le plus déjanté des musiciens de cette french touch nous a régalé pendant plus d’une heure de concert, avec une setlist qui comprenait des morceaux de Sexuality et de son dernier né My God is Blue ; le choix de la vidéo s’impose. Sébastien Tellier est un OVNI, avec qui on prend plaisir en écoutant sa musique, mais aussi pendant ses intermèdes où il pousse son rôle de gourou psychédélique jusqu’au bout en parlant de sexe, de son passé en pensionnat pour garçons ou encore à quel point il « kiffe » prendre son temps.

PAUL KALKBRENNER AU KOLORZ FESTIVAL

Le nouveau visage de la techno à succès est allemand, et Paul Kalkbrenner a su satisfaire son public avec une belle performance où chacun y a trouvé son compte grâce aux morceaux sortis de l’album qui a su faire grimper sa notoriété, Berlin Calling. Cependant, une belle surprise a traversé la foule avec ce petit cadeau : le remix de La Mezcla de Michel Cleis. Enjoy !

C2C AUX ELECTROS D’UZÈS

Le quatuor formé des précédents Hocus Pocus et BeatTorrent ont su, grâce à leur fameux EP Down the Road et leur passé riche en sons entre hip-hop et électroniques, faire bouger toute une fosse jusqu’à la dernière ligne. Des génies du turntable en image !

Voilà pour cet été ; le 11 septembre marquera un véritable tournant après toute cette vague électronique endiablée. Mais, le prochain blabla devrait parler cinéma !

Bonne fin de vacances 😉

Communication 4ème génération // Programme de l’été

Bonjour tout le monde !

Nouveau blabla aujourd’hui sur la publicité, ça faisait un petit moment ! Je compte être plus régulier pour la saison estivale, mais commençons par le commencement…

LA 4G ARRIVE !

Ça y est, les opérateurs téléphoniques (du moins les deux que je compte évoquer ici) ont prit les grands médias d’assaut pour communiquer sur l’arrivée de la 4G pour notre génération d’addicts aux smartphones. Alors, c’est parti !

La 4G par Orange

Baptisée « Téléchargez aussi vite que vous parlez« , Orange investit les médias avec une campagne d’affichage et un spot TV pour annoncer l’arrivée de la 4G.

Le spot

La marque colorée a choisi de mettre en scène une relation triangulaire dans un restaurant. C’est donc sur la 4G (quoi que…) que ce spot télé souhaite insister grâce à l’utilisation d’appareils : l’ordinateur portable (d’où le (quoi que…) puisqu’on peut penser au WiFi, mais passons), le smartphone et la tablette. Les trois protagonistes, une femme et deux hommes qui vont se livrer un combat de coqs, utilisent chacun leur tour, et de manière la plus rapide possible (qualité du réseau oblige) à échanger sans parler, mais seulement en téléchargeant des images ou vidéos.

L’ambiance, notamment à cause de la musique, ne véhicule pas une image française, et ce choix de mise en scène porte un peu à confusion. L’usage des appareils peut certes témoigner d’une certaine rapidité, mais la cohérence des images ou vidéos téléchargées sont parfois tirées par les cheveux. On ne comprend pas le rapport séduction/efficacité lorsqu’Orange souhaite vendre sa 4G.

La baseline, Téléchargez aussi vite que vous parlez, a t-elle vraiment lieu d’être ? La 4G, une nouvelle arrivée pour briser les vecteurs sociaux essentiels ? Dommage…

L’affichage

Campagne d’affichage 4G d’Orange
Cliquez pour obtenir une image plus grande

Même concept édicté par la campagne d’affichage. Et c’est encore pire. Ici, Orange joue sur l’interaction mais pousse le vice de la force de son réseau 4G encore plus loin.

La première image, trois jeunes filles dans une salle de bains. L’une d’entre elles se maquille, et pour apparemment faire passer le message (du moins celui que j’ai comprit après plusieurs échanges avec quelques camarades), l’une des deux autres lui montre le visage d’un mime… Pour dire que trop de maquillage tue le maquillage ?

Deuxième cliché, déjà plus compréhensible. Un papa, ses deux enfants devant une assiette d’épinards (du moins, ça y ressemble mais vu le côté fluo…). La vidéo téléchargée, c’est donc l’image d’un alien qui crache son venin, à confondre avec les épinards. Message à comprendre ; j’en mangerai pas. C’est bien…

Dernier cliché, qui reprend la romance du spot TV. Deux filles assises, le bellâtre appuyé sur son vélo qui regarde une proposition. Apparemment, l’une des filles a le béguin et propose de troquer son vélo contre un cheval blanc pour l’enfourcher ensemble. Renchérissement sur le fait d’enlever la parole avec un sous-entendu grâce à la super 4G d’Orange.

Une campagne signée Publicis… Comme quoi.

La 4G par SFR

Basée uniquement sur un spot télé (en tout cas, pas d’affiches à l’horizon, si vous trouvez contactez-moi), SFR axe sa communication sur l’annonce 4G avec la campagne La 4G chez SFR, c’est déjà demain ! 

Le spot

Pour ce spot, SFR a pensé à plusieurs facteurs pour annoncer la 4G. Performance, précision et fiabilité.

Plutôt que de valoriser la vitesse de téléchargement de fichiers « statiques », SFR choisit de communiquer sur le moyen de communication. Important : le contexte géographique. Trois hommes sur la banquette arrière d’un taxi new-yorkais qu’on devine aisément grâce à l’image des buildings de la Big Apple. Celui au centre est en appel visio, vers la France (on devine bien), avec sa femme qui attend un heureux événement. La dame en question utilise aussi la visio pour montrer l’échographie de l’embryon directement via son smartphone. Petit moment d’émotion avant problématique ! « Zoome un peu » puis voilà une ombre. Débat, ça n’est pas une fille mais un garçon puisque la dite « ombre » est un « zizi » pour les 4 hommes (on inclut même le chauffeur à la fin du spot) qui sont catégoriques !

Grâce à cette approche, SFR met en avant le fait que sa 4G est :

  • si performante en terme d’affichage qu’on a trouvé le sexe du bébé, qui s’appellera finalement Marin et non pas Marie,
  • si bien ficelée que les usagers pourront passer des appels outre-Atlantique vers l’hexagone sans problèmes.

La marque au carré rouge avait plusieurs fois communiqué sur sa volonté à développer son réseau à l’international, et renchérit avec cette campagne. La touche exotique apportée par le chauffeur de taxi facilite en plus la retenue du message, devenu déjà populaire auprès des spectateurs.

Hein ? Quoi ?

Quelqu’un sait si Bouygues a communiqué ? Oui ? Non ? Je n’ai rien vu moi… En même temps, après une campagne placée sur le point de vue des employés qui ne touche pas vraiment les consommateurs, et le piège d’être tombé dans la mode facile et ennuyeuse du stop motion, on se demande de quoi Bouygues sera capable pour annoncer son réseau 4G.

PROGRAMME DE L’ÉTÉ

Comme je vous l’avais dit plus tôt, cet été s’annonce plutôt riche en blablas musicaux. Saison des festivals oblige, je vous laisse ici le programme en espérant faire un article pour chaque soirée, avec des vidéos je l’espère de qualité.

Félicitations également à tous les nouveaux diplômés de tout niveau qui ont lu ou lisent encore ce blog !

Cliquez pour agrandir l’image

Bonnes vacances ! 

Une poule + un film = un nouveau blabla !

Il s’est passé bien des choses depuis le dernier billet, chers lecteurs. Voici un tout petit récap avant mon nouveau blabla ciné !

  • J’ai passé mes examens pour être à bac + 3
  • J’intègre dès la semaine prochaine une nouvelle agence de communication ; il a donc bien fallu passer les étapes d’entretien et d’intégration. Si vous voulez en savoir plus, ça se passe en cliquant sur la poule !
  • Je n’ai pas prit de vacances compte-tenu des deux points précédemment cités.

Bonjour à ma nouvelle agence !

ALLEZ ZOU !

En 2008 avec Vicky Cristina Barcelona  puis en 2011 avec Midnight in Paris Woody Allen parcourt les capitales européennes pour en faire une trilogie de comédies à la fois romantiques et décalées. Hier le réalisateur loufoque a tiré sa révérence avec la sortie de son film hommage à la capitale italienne : To Rome with Love.

La première chose qu’on peut voir, sans parler de bande-annonce évidemment, c’est l’affiche du film. Probablement la plus sobre et minimaliste de la trilogie. La liste d’acteurs par ordre alphabétique est bien utilisée pour l’effet de générique de fin. L’utilisation d’un tampon et l’ajout du baiser au rouge à lèvres laisse place à l’enveloppe, la lettre de d’adieu. Woody quitte donc l’Europe, pour le moment…

LE VOLET

To Rome with Love

Avec cette dernière escapade italienne entre les places et les rues pavées de la belle Rome, Woody Allen délivre le film malheureusement le plus décevant de cette trilogie mais probablement le plus dénonciateur. De bonnes intentions, mais une mauvaise restitution ?

La célébrité

L’aspect sans doute le plus comique prend vie grâce à monsieur Roberto Benigni. L’italien moyen, qui enfile son complet avec une cravate après s’être levé chaque matin à sept heures précises, en rappelant à ses enfants de manger et être à l’heure. Leopoldo se rend toujours au bureau, discute toujours avec ses collègues et donne toujours son opinion. Mais tout le monde s’en fout. Alors au bureau, on se rattrape évidemment en exhibant sa béatitude devant la secrétaire aux dimensions parfaites au service du patron. Triste vie pour Leopoldo, qui se demandera pourquoi personne ne l’écoute.

Mais il suffira de demander ! Aussi sèchement qu’un cut, Benigni se retrouvera comme la coqueluche des médias nationaux et donnera des interviews sur son petit déjeuner, s’il porte des slips ou des caleçons et sur comment il aura renversé son café sur ses documents. La célébrité, à son paroxysme pour donner une leçon de vie. L’habitude…

L’adultère (accidentel ?)

Innovation dans ce volet européen, plusieurs histoires dans les rues de la capitale. Contrairement à Vicky Cristina Barcelona où nous avions 4 protagonistes bien définis et un Gil au centre de l’intrigue de Minuit à Paris, ce n’est pas moins de quatre histoires qui se passent dans la belle architecture de Rome.

Giancarlo et Milly forment un jeune couple tout juste marié. La belle mais complexe Rome leur tend les bras pour leur lune de miel. Malheureusement cette lune de miel ne sera pas placé sous le signe du romantisme, Giancarlo venant également pour affaires et opportunité de travail. Tout partira de l’envie de Milly d’aller chez le coiffeur. Évidemment, pas facile de se repérer dans Rome. Quant à Giancarlo, un curieux quiproquo viendra le rencontrer en la personne d’Anna, jouée par Penelope Cruz. Un rôle qui lui sied, mais qui sonne un peu facile. Il y a peu de choses à comprendre de ce scénario, mais beaucoup à faire en matière d’empathie pour l’un comme pour l’autre.

Opéra, psychanalyse et conformisme américain.

Troisième trame avec Woody Allen qui passe devant sa caméra. Dans l’ordre chronologique du film, cette trame est la première et la dernière.

Hayley est une jeune touriste américaine qui passe l’été à Rome ; comme toute touriste, la carte devient son outil qui ne se révèle pas le plus fidèle. Michelangelo est avocat italien, qui exerce pour ceux qui ne peuvent pas payer. Il indiquera son chemin à Hayley puis l’amènera au restaurant avant de la demander en mariage. Jerry et Phyllis feront alors le voyage jusqu’à Rome pour rencontrer leur futur gendre et ses parents ; un père croque-mort et une femme au foyer.

Phyllis est psychiatre et Jerry fraîchement retraité de l’industrie du disque de musique classique. Il verra en le père de Michelangelo une voix divine à mettre sur les devants de la scène. Associant la retraite avec la mort, il parviendra à ses fins de manière loufoque et « en avance sur son temps ».

C’est la trame du film qui part des meilleures intentions : dénonciation des obsessions à catégoriser et du côté stupide propre aux citoyens outre-Atlantique de faire dans la démesure voire le sournois. Un sentiment au départ noble qui se transformera en supercherie qui pourra en faire rire certains, mais dont le message subliminal restera imperceptible à l’écran.

La longévité de l’amour détrônée par la passion factice.

Quatrième et complexe trame de To Rome with Love, celle qui met en situation une relation triangulaire avec un personnage mi-présent mi-fantôme. John Foy est un architecte renommé venu passé ses vacances à Rome, et doute à l’idée de revenir sur les traces de son passé.

Jack, étudiant en architecture d’origine américaine, croisera John au détour d’une ruelle. Il le guidera jusque chez lui, la même résidence où John avait passé une année de sa jeunesse. Il vit avec Sally, sa petite amie qui fait un excellent café, café qui incitera John à rester dans les parages avant subitement d’être présent lorsque Woody Allen l’aura voulu. Sally, de son côté invite Monica, une brillante actrice dont le pouvoir de séduction est incommensurable. Monica a perdu son petit ami récent et n’a aucune gêne à l’idée d’exhiber sa libido et ses expériences en matière de sexe. Monica devient alors le principal souci de Sally, effrayée que Jack en tombe sous le charme.

John, incarné par Alec Baldwin, connait parfaitement le genre de Monica. Talentueuse, nonchalante mais peu cultivée. Du moins, juste assez pour en faire croire plus long que ce qu’elle sait réellement. Il guidera Jack pour éviter l’impardonnable et lui prouver que la raison n’est jamais aussi forte que la passion, qui le cas échéant a été conditionnée.

C’est la trame la plus en phase avec cette époque où les relations se sont soumises aux moeurs et à leur complexité. La démocratisation de la vie sexuelle, du désir et du fait de l’obtenir et le faire disparaître aussi vite qu’il est apparu est mise sur le devant de la scène. Sans trop de conviction, on est triste pour Jack même si on peut se permettre un « Il le savait ! ». Woody Allen chercherait-il à faire comprendre que même la séduction est victime de la mode ?

BILAN

Conclusion d’un voyage itinérant à travers trois cités aux caractères magiques et romanesques, To Rome with Love se veut plus complet et plus complexe que ses deux prédécesseurs catalan et parisien. Dans la capitale italienne, Allen explore la stupidité d’un acharnement au travail et de l’étiquetage freudien ; la complexité à confronter raison et passion ; le caractère impressioniste que peut susciter la célébrité et la folie que la chance peut instaurer.

Au final, chacun prend la place qui lui était due. C’est toujours un film en conversations, qui ne bouscule pas les codes et reste trop gentil. Comme le réalisateur, en somme.

Aujourd’hui, j’ai voté bleu !

Chers (é)lecteurs !

Aujourd’hui, dimanche 22 avril 2012, est important. Votre voix, par le mutisme d’un bulletin glissé dans l’enveloppe ne saurait prendre autant d’ampleur. Vous allez élire votre président, notre président.

Pendant la journée du samedi, j’ai réfléchi. J’avais déjà lu les programmes des candidats qui me semblaient présidentiables ; les ai comparé, rempli une multitude de tests et questionnaires pour savoir « Quel serait mon président en 2012 ».

Aujourd’hui, je suis prêt à le clamer sur ce blog, haut et fort, j’ai trouvé mon président !

Non mais qu’est-ce que vous croyiez ?

Voter est un droit et un devoir, mais que je sache, vous n’avez pas à connaître une telle intention ! Et puis, cela diminuerait ou augmenterait potentiellement mon lectorat. J’opte donc pour l’abstention.

Je vous présente donc, en image, mon président !

MY GOD IS BLUE

Revenu après plusieurs essais sur divers thèmes comme l’agriculture, la sensation de plonger sa main dans la terre mouillée, les fruits et légumes (incluant les coquillettes), Sébastien Tellier le meilleur représentant de la France à l’Eurovision nous livre sa vision de l’éveil, de la spiritualité avec un nouvel album : My God is Blue.

Quatre années se sont écoulés depuis la sortie de Sexuality, le troisième album personnel de Sébastien Tellier.

Le dandy anti-culture « qui souhaite être un éternel débutant » s’exprime sur douze morceaux qui composent l’album, premier support dans son but de création ; la création de l’Alliance Bleue.

L’Alliance Bleue, c’est l’univers basé sur un bénévolat que souhaite créer Sébastien Tellier. Cela pourrait être un château à Poitiers, un terrain à Berlin ou une cave à Montluçon ; l’Alliance Bleue, par sa communauté représentera un monde de rêves, sans limites où l’on pourra y « conduire très vite » ou « casser des objets ». Certes, notre trublion de la French Touch ne manque pas de faire le grand écart en énumérant diverses possibilités toutes plus insolites… Il a aussi le goût de la rémunération ! Car oui, « plus on donne, plus on reçoit, n’est-ce pas ? » confie t-il sur Radio Nova. Alors Sébastien Tellier attend des propositions ; pour des terrains, des voyages… Nous suivrons donc l’évolution de l’Alliance Bleue, notamment durant ses concerts !

My God is Blue – Les pistes

L’album en lui-même a déjà fait couler de l’encre et choqué bien des yeux, presque en même temps qu’enchanté les oreilles.

Le bal s’ouvre avec Pépito Bleu ; un titre à la fois poétique et décalé qui façonne l’identité de cet album. Un paradoxe, un certain éclectisme dans les sonorités et les influences. C’est une introduction à la spiritualité, ou la vision de cette dernière par monsieur Tellier. Des cloches, des choeurs et quelques paroles à l’allure de commandement impérieux, ou d’une prière.

The Colour of Your Mind s’offre une atmosphère déjà plus sombre, plus chaotique et énigmatique. Une ambiance qui se détend avec les paroles, ou du moins les échos du compositeur. De l’amour, de la tendresse ; un morceau « cyclique » et rassurant.

Sedulous prend des airs de musique classique grâce à la partie instrumentale ; les paroles deviennent plus présentes, puisque Tellier ose couvrir la quasi totalité du morceau avec sa voix. C’est un morceau capital de l’album (sans doute mon préféré), puisqu’en dépit des changements de thématique pour l’album, l’artiste nous prouve qu’il excelle parfaitement pour basculer du français à l’anglais, et vice-versa. Un clin d’oeil à son précédent album est à noter.

Le morceau qui aura sans doute fait le plus de bruit sur la toile, en piste numéro quatre, est le bien controversé Cochon Ville. Entre l’appel aux fidèles et les incantations sacrées, une musique qui oscille entre choeurs, influences funk et riffs endiablés, le morceau très court livre les mots-clés de la philosophie de l’Alliance Bleue. Prosterne toi, danse, rêve. On ne néglige pas le clip ultra érotique qui l’accompagne…

Un peu de détente après ce moment palpitant, Magical Hurricane est une promenade de santé où le trio guitare-voix-flûte coopère merveilleusement bien. Tellier nous berce après les performances endiablées de Cochon Ville.

De manière brutale, il casse cette atmosphère détendue pour connaître l’action des grands manèges avec Russian Attractions. Des airs d’opéra, de musique épique et de paroles toujours aussi loufoques « Souviens-toi c’est l’amour véritable, mon amour éternel… » sans nous épargner une nouvelle fois de son talent bilingue. Les violons se déchainent véritablement sur cette piste, et offrent une fin brutale digne d’un opéra de qualité.

On repart en bord de mer, ou au milieu d’un champ de champignons fraises avec Sébastien Tellier. Un ryhtme calme, constant qui nous ballade avec Mayday. Une atmosphère jazzy et électronique qui sonne presque brouillon, où il suffit de balancer légèrement sa tête, ou laisser faire le hamac…

Draw Your World et My Poseidon, premier morceau instrumental puis suivant avec paroles, nous proposent une épopée dans les méandres de la spiritualité de Sébastien Tellier, où chacun trouvera dans la musique et les techniques vocales la part de mystique, d’aventure ou d’éveil qui lui siéra.

Against The Law est un voyage perceptible dans l’espace. Les techniques de répétition, les notes aigües et l’atmosphère de science fiction laisse l’auditeur plonger dans les plus profondes abysses de ses convictions spirituelles, ou le laisse grimper jusqu’à un sommet de délires. On ne comprendra pas ce qu’est cette histoire de coiffeur… « C’est n’importe quoi, oui, mais c’est beau… » Il est inquiétant, ce bonhomme.

My God is Blue est la chanson bon enfant de cet album ; une piste qui conviendra aux petits et grands… Avant d’être un hymne, tant l’ambiance orchestrée correspond au dénouement d’une aventure épique. On imagine bien Sébastien Tellier traverser de belles plaines baignées des rayons du soleil perçant un ciel incertain (je m’inquiète vraiment des effets secondaires de l’album).

L’orgue ouvre la dernière piste, pour clore le bal avec Yes, it’s possible. Une fresque diabolique et psychédélique qui emprunte au rock progressif. Comme il le préfère, ce morceau ne comporte pas de paroles et laisse la musique finir l’aventure produite par Mr. Flash.

My God is Blue – Le résultat

Sébastien Tellier offre sans aucun doute l’album le plus abouti de sa carrière. Un délire fantasmagorique sur l’éveil, la vision du Dieu et de la spiritualité. Composé pendant plusieurs mois, et avec l’aide d’un Mr. Flash omniprésent dans l’orchestration, My God is Blue est un nouvel OVNI pour les amateurs de variété française et de musique électronique. Empruntant à l’opéra, la musique d’église et l’électronique, le duo labellisé Ed Banger Records offre au public une oeuvre complète et aboutie sur un thème précis.

Je vous laisse sur le clip de Cochon Ville et reviendrais vous parler de Sébastien Tellier pour notre fête nationale. Rendez-vous pour une manifestation d’amour et de tendresse avec l’homme à barbe le 12 juillet au Pont du Gard, à l’occasion du festival Lives au Pont.

Bleuement

Analyse interne et externe du conflit.

Aujourd’hui, je parle indirectement d’un conflit qui dure depuis plusieurs décennies. Nos parents l’ont connu, nous le connaissons et la longévité de ce conflit m’indique que mes enfants le connaitront.

Alors, contre toute attente, c’est un blabla ciné aujourd’hui !

LE FILS DE L’AUTRE

« Alors qu’il s’apprête à intégrer l’armée israélienne pour effectuer son service militaire, Joseph découvre qu’il n’est pas le fils biologique de ses parents et qu’il a été échangé à la naissance avec Yacine, l’enfant d’une famille palestinienne de Cisjordanie. La vie de ces deux familles est brutalement bouleversée par cette révélation qui les oblige à reconsidérer leurs identités respectives, leurs valeurs et leurs convictions. »

La trame, entre la riche et animée Tel-Aviv, un village de la Palestine et le barrage entre chaque territoire, parle d’un sujet qui analyse le conflit, en interne comme en externe.

Deux familles, que tout oppose vont se confronter à la pire des méprises ; la guerre du Golfe sévissant, l’infirmière de cet hôpital a inversé les bébés. Joseph éduqué en juif est né musulman, Yacine né juif est élevé musulman.

INTERNE

Les deux familles, confrontées avec des problèmes de langues, de convictions et de positions sur le conflit se retrouvent face au directeur de cet hôpital pour apprendre la nouvelle. Ou plutôt pour conforter cette nouvelle. Le travail des rôles des parents est juste, l’incompréhension et la colère gagne l’humeur des pères pendant que l’implosion sentimentale subjugue les mères. Portés pendant neuf mois seulement, elles auront élevé le fils de l’Autre pendant dix huit années.

Alon et Orith, parents de Joseph, forment un paradoxe, tout comme Saïd et Leïla ; les pères sont durs, se cachent derrière leurs occupations, leur souci de virilité. Les mères forment la douceur ; Orith dévoile son chaos émotionnel quand Leïla continue à témoigner sa douceur dans le malheur.

Joseph l’apprend lui par hasard ; à cause d’un refus pour le service militaire. Yacine par le dialogue.

Finalement, les enfants seront ceux qui se comportent le mieux.

EXTERNE

Alon, qui exerce ses fonctions dans l’armée, met le doigt sans se mouiller sur le conflit israélo-palestinien. Avec l’émotion qu’il peinera à cacher, délivrer des visas pour la famille Al-Bezzaz fera parti de son quotidien.

Le barrage est un lieu phare de ce film, pas moins de sept séquences mettent en scène le passage de l’Autre côté. Les rêves des uns lorsqu’ils traversent, la curiosité des autres à l’idée de faire le pas.

Lorraine Lévy réalise une fresque romanesque, à la fois dramatique et faussement critique. C’est un euphémisme qui est utilisé pour parler de ce conflit. Mais ces scènes, peu révélatrices et peu en phase avec le conflit, survolent des idées basiques qui n’iront pas vers l’évolution du conflit.

On en garde un long métrage touchant, joué posément qui nous rend certainement meilleur.

L'affiche, séparée en deux.

Un coup de coeur avant une critique…

Voilà un mois sans alimenter ce blog. Oui, pile un mois ! Mais je me justifie, ce délai m’a permis de faire trois choses :

  • partir à la rencontre de clients pour l’agence (oui, je bosse à côté)
  • passer une semaine de folie en workshop (oui, je suis étudiant et je m’amuse)
  • prendre du recul sur ces deux précédents points avec une semaine de vacances (oui, je me le permets)

Alors il faut un peu de temps pour me replonger dans la dactylographie, et trouver un petit encas pour que vous grignotiez jusqu’à demain. Oui, c’est promis demain je balance la sauce. Au pire, si ça n’est pas demain, ça sera vendredi. Et au pire, ça sera samedi, mais dimanche au plus tard ce sera posté !

DU SPORT ET DE LA MODE

Mon petit encas, c’est un simple coup de coeur. Un petit coup de marketing que j’ai apprécié, tant par son esthétisme que sa dimension minimaliste. Et en plus, c’est made in France (je m’accorde aussi avec les grands débats qui font rage en France).

Avec les JO de Londres 2012, au logo franchement douteux, une marque chère à notre pays de cocorico (si vous remaniez ce mot, vous savez déjà) adapte son emblème pour que chacun puisse supporter son pays sans avoir à hisser de drapeaux, se colorer les joues ou encore acheter un Morphsuits !

Le doute en image.

Alors, vous avez fait le rapprochement ?

C’est bien sûr notre crocodile national, soit monsieur René Lacoste (indirectement bien sûr) qui casse son emblème !

Dans l’esprit Unconventional Chic que la marque défend dans ses campagnes depuis quelques mois (avec pour dernière effigie Adrien Brody), le polo Lacoste est revisité sur l’élément qui le rend si célèbre : son logo.

C’est un vrai coup de coeur ici ; le crocodile n’est pas enlaidi ou abîmé par la démarche.

Pour le côté communication, c’est un coup de maître de la part de Lacoste. Profiter de l’événement sans pour autant y participer, la marque utilise le marketing d’opportunité en déclinant son produit phare. Le polo, à la fois chic, décontracté et sportif, conviendra à tout supporter des jeux olympiques… Tant que son pays sera « portable » !

Faîtes votre choix !

LEQUEL PORTEREZ-VOUS ?

À dans quatre jours tout au plus !

« Jamais je n’ai senti, si avant, à la fois mon détachement de moi-même et ma présence au monde ». Albert Camus

C’est cette citation, qui en guise d’introduction, ouvre sur le film de Tony Kaye : Detachment.

Adrien Brody, alias Henry Barthes, récite et s’approprie cette phrase en guise de présentation. Une accroche commune, qui contraste avec le caractère rude, brut et si inaccessible que l’oeil de Kaye saura retranscrire à coups de contre-plongées et de pellicule à souvenir.

LE FILM

DES TÉMOIGNAGES

Detachment laisse la parole, pour ouvrir le bal, à des personnes comme vous et moi. Des enseignants, qui se sont tous jurés, avant d’exercer leur fonction, de « préférer être berger qu’arpenter les salles de classes« . Des portraits d’anciens ambitieux, qui rêvaient de musique, de peinture. Qui deviendront routiers, et auront la vocation de faire passer quelque chose ; d’en changer même. Les voilà après trente ans de carrière, un visage blême, des sourires cassés. Ces séquences filmées en noir et blanc font office de tristesse, qui perdure avec un personnage clé du film.

LA TRAME

Henry Barthes est remplaçant, professeur d’anglais. Il a une règle, une seule : « Si vous n’avez pas envie d’être ici, vous pouvez ne pas venir ». En choisissant d’être remplaçant, il choisit de ne pas connaître la stabilité, la redondance. Dès le premier accrochage, qui arrive très tôt dans le film, il s’identifie à un cartable. Une fois que l’on en retire ses documents, qui seront posés sur le bureau, le cartable est vide. « Il ne ressent rien, et tu ne m’atteindras pas non plus ». La première réplique philosophique tient en une courte métaphore, mais donne le ton d’un film aux allures de documentaire – témoignage.

Évidemment, Henry Barthes arrive à séduire quelques étudiants. Le film est en proie aux clichés de l’Amérique puritaine et malade de son propre système du bien fondé, du bien chez soi et du pré-fabriqué où la couleur rend heureux. « A chicken in every pot, a car in every garage » comme le disait Herbert Hoover en 1928.

INSITU

« – Vous avez travaillé longtemps à Locke et MacArthur ? La zone !
– C’est là qu’il y a du travail. » 

Le problème exposé, ça n’est pas l’accès à l’éducation où nos politiques se battent. C’est à la motivation. Barthes pose le problème en posant une simple question : pourquoi serions-nous écoutés, si nous ne pensons pas avoir quelque chose de valable à partager ?

Ce film montre plusieurs cas possibles et imaginables. Barthes est l’archetype du professeur blasé, qui est « un homme sans visage dans une classe vide » dessiné par une de ses élèves. Mademoiselle Madison (Christina Hendricks) une peureuse ; peureuse de n’avoir plus rien dès le vendredi soir. Une madame Parker (Lucy Liu) qui craque, et laisse éclater sa vengeance sur une des élèves les plus désinvoltes qui « ne sera ni mannequin ni artiste, et qui sans qualification se retrouvera comme 80% de la force ouvrière américaine, sous-payée et dont la seule finalité consistera à se faire baiser au sens propre comme au sens figuré. » Un monsieur Seabolt (James Caan) qui prend ses pilules pour tenir, qui use de l’ironie et de son sens de l’humour… Tous ces visages qui font les mêmes erreurs, et qui embarquent leurs problèmes en rentrant chez eux le soir, et les emmènent en partant travailler le matin.

Être professeur, à la lettre, c’est s’appliquer à suivre un programme et s’assurer que personne ne va s’entre-tuer pendant un cours, jusqu’au suivant.

DEUX RELATIONS

Dans un bus aux allures sinistres, Barthes fera une rencontre peu accomodante. Une jeune fille, qui ne doit pas avoir plus de seize ans se retrouve à faire une fellation à une vieux crasseux, à l’arrière des banquettes. Elle provoque, le suit. Plus tard, Barthes la recroisera, et deviendra sa seule famille. Jusqu’au moment où il sera dans l’incapacité d’assumer ce rôle, après la mort d’un grand-père qu’il visite chaque soir.

Meredith, probablement sa plus brillante étudiante, démontre une obsession pour ce prof. Un potentiel artistique qu’elle témoigne par la photographie et le travail d’assemblage, elle est tourmentée par un problème de taille. Le poids, le physique, et subir un système pourri de marketing. Je dois être jolie pour être bien, je dois faire de la chirurgie pour être jolie… Je dois êtres mince, je dois être à la mode. Toutes ces conneries qui accélère un processus d’abrutisation. Il faut nous cultiver, lire, penser. Cette avalanche qui la conduira à se rapprocher de Barthes ; un rapprochement qui posera le nouveau problème du puritanisme américain. Barthes étant accusé de « l’avoir touchée ». Un comble qui laisse chaque spectateur manifester une certaine hargne intérieure contre ce jugement hâtif.

L’ÉCHEC

En dépit de tout, Barthes comprendra à force d’observer une directrice contrainte de lâcher son école à la privatisation, et des collègues toujours plus cyniques et désespérés qu’il ne pourra pas changer le monde. Il n’y a pas de solution. Un regard défaitiste qui laisse ce professeur tirer sa révérence en lisant quelques lignes d’Edgar Alan Poe à propos de la maison d’Usher.

LA CRITIQUE

Avec une problématique récurrente qui pointe du doigt les failles d’un système américain, Detachment offre plus un débat que des revendications. Une focalisation interne qui manifeste tout l’égoïsme que chacun dissimule ; des parents absents, incompréhensifs aux élèves toujours plus insolents, toujours plus détestables avec ces professeurs livides, qui ne seraient pas contre aider les parents à jeter ces sales mômes par les fenêtres. On craque, et on délibère sur la fonction d’enseignant qui s’apparente à une véritable aventure psychologique. Adrien Brody signe une belle performance, Lucy Liu un nouveau visage, Christina Hendricks commence à convaincre et fait oublier sa notoriété acquise grâce à la série Mad Men et Marcia Gay Harden tient son rôle d’une main de maître malgré le peu d’apparitions que le film lui cède.

Des pages qui volent, des bureaux vides ; une école fantôme. L’image de fin se résume à l’image d’une véritable fin. Le défaitisme est de rigueur.

Je le recommande vivement !

L’infidélité a du bon.

Deux semaines s’étant écoulées depuis la Saint-Valentin, je suis en mesure de revenir avec un sujet qui n’est pas du goût des couples… Et pourtant.

J’avais auparavant écris pour une affiche, celle des Infidèles. Ma suite logique, c’est donc de parler du film, dont je sors il y a une demi-heure.

L'affiche non censurée.

UN CERTAIN MONTAGE

Les Infidèles, lorsqu’on sort de la salle, nous laisse bouche bée. Je ne peux pas révéler la scène finale, qui en dit trop long (du moins, au sens figuré) pour ceux qui n’auraient pas encore vu le film. L’intrigue, si peut tenter qu’on puisse parler d’intrigue, est accrocheuse. Parlons plutôt d’un sujet, d’une trame qui laisse planer nos sept réalisateurs sur le thème de l’infidélité. L’infidélité des hommes, et de la perception qu’ils en ont.

Ce sont pas moins de quatre histoires qui se jonchent, au gré du montage. Des histoires ponctués d’interludes sous formes de sketches plus ou moins convaincant. Ces sketches eux-même servent à insérer des personnages, et créer une histoire… Vous suivez ?

Premier scénario

Dujardin et Lellouche entament ce film en bons termes. Les machos dragueurs sont de sortie, s’arrangent et nous livrent l’essentiel de la bande-annonce. Ray-ban sur le nez, décapotable vintage, costume ou t-shirt… Deux vieux adolescents qui se tournent en dérision ; l’un qui réfléchit et justifie l’infidélité comme un romantisme, l’autre comme un sport, un passe-temps. Les deux trublions n’hésitent pas à prouver leur complicité à l’écran, enchainant les scènes à nu. Au programme des sorties en boites parisiennes, des coups montés et un voyage à Las Vegas. On se sent littéralement décomplexé par le côté amical des deux acteurs, qui vont clôturer le film avec ce scénario assez culotté !

Second scénario

Dujardin, en employé crétin inintéressant obsédé et grisâtre d’une compagnie baptisée Biomap ne connait pas Lellouche, commercial en fauteuil roulant à humour graveleux qui enchaîne les conquêtes. Pourtant, ils se rencontrent lors de ce séminaire avec « Biomapéro » à l’hôtel Saphir. On ne connaîtra rien de la situation de Lellouche, mais Duj saura incarner un Laurent faible, sans humour, sans tact et sans autre objectif que de mettre la main au panier. C’est un échec pour lui, qu’il justifiera par une victoire en chanson… Une très bonne prestation d’Isabelle Nanty pour cette histoire.

Troisième scénario

Dujardin en trader, Lellouche en… Comment dire, un collectionneur habillé en survêtement, Guillaume Canet en BCBG à pull noué autour du cou et Manu Payet en amateur de femmes cougar pour réconforter un complexe oedipien. Ces quatre personnages constituent les interludes qui mènent à une scène, un scénario comique : la thérapie de groupe. Une Sandrine Kiberlain convaincante et drôle dans son rôle de thérapeute pour les Infidèles Anonymes. Exercices de dissuasion, réflexion et agression qui enrichissent une longue partie du film. Chacun apportera son grain de sel pour devenir à nouveau fidèle, pour planter madame Kiberlain.

Quatrième scénario

Lellouche en beau gosse au volant d’un Audi Q7 et un Dujardin en adolescent attardé probablement fan d’Indochine. C’est la première trame sérieuse du film, qui fait réfléchir jusqu’où l’infidélité peut être bête. Épris d’une fillette de 19 ans, Lellouche se perd dans un cercle de jeunes étudiants ingrats, de boites de nuits saturées par le son,la drogue et le libertinage insouciant d’une jeunesse dorée qu’il ne maîtrise pas. Dujardin apporte une touche d’humour à cette histoire qui se solde par un fondu noir et les réflexions d’un homme qui a simplement fait une erreur. Une confrontation entre l’abus de pouvoir d’un certain âge et la désinvolture d’un âge certain. Lellouche touché.

Dernière trame

Aux lumières des bougies sur la terrasse d’une belle bâtisse, Duj et Lellouche se retrouvent. Tous les deux en couple, un dîner entre amis adultes où Alexandra Lamy joue son propre rôle. Lellouche n’hésite pas, à quelques mètres de sa moitié, à parler de ses conquêtes enchainées et ses souffrances psychologiques cycliques. C’est Lisa (Alexandra Lamy) qui va ensuite faire le pas vers Jean pour lui faire avouer son infidélité. C’est sans doute la scène la plus mature et la plus accomplie de ce film, sans trop de dialogue. Le vrai couple hors-caméra retranscrit parfaitement la douleur que suscite les vérités, et les implications stupides qu’elles amènent. Une Alexandra Lamy convaincante, plus belle et plus affirmée. Le temps a joué en sa faveur loin des prestations d’Un gars une fille.

Verdict

Les Infidèles ne sont pas complètement à l’image de la bande-annonce. Une communication basée sur le comique peut laisser perplexe certains spectateurs, notamment au vu des deux derniers scénarios. Le montage est cependant réussi, car la trame principale des deux potes sont le début et la fin du film. On se demande toujours s’ils finissent, ou s’il y a suite. De ce côté là, les sept réalisateurs ont très bien mené la danse.

La complicité entre les deux têtes d’affiche reste déconcertante. C’est un film fait par des amis, qui nous transporte du rire au mutisme, en passant par la réflexion. Chacun peut se retrouver dans un personnage, et peut débattre sur le sujet. Le film vaut la peine de se déplacer, et en particulier pour la scène de fin !

SAINT-VALENTIN !

« Il faut aimer au-dessus de ses moyens ». Jacques de Bourbon Busset

C’est le jour J ! Allez-y, étalez votre bonne humeur, permettez vous le masochisme que vous procurent les épines des roses que vous vous apprêtez à offrir, considérez que rien ne brillera suffisamment pour votre « moitié », extasiez-vous devant le velours ou la soie qui emballeront ces jolis présents.

Joyeuse Saint-Valentin à tous : c’est le thème du jour. Et pour une fois je n’ai pas de retard…

La publicité, chère à mes ambitions, est une entité qui ne nous rappelle que trop bien cette fête. Petit dossier sur ce qui se fait cette année.

LES CAMPAGNES

Meetic, Demak’Up, Wilkinson, Eurostar et Virgin Megastore. Cinq marques, cinq produits, cinq cibles, un même thème.

Meetic

Meetic a choisi une campagne d’affichage sobre, et qui convient à tout célibataire. Avec des accroches banales, le plus connu des sites de rencontres se fait la part belle, et ironise sur le côté « manque de bol ». La cible, les éternels amoureux de ce visage dans le métro, du mouvement de ces hanches dans une rue. En fait, si dans ton quartier, ou dans la ligne de métro que tu prends chaque jour, la femme de ta vie n’y est pas… Elle est sur Meetic. Se décline aussi en bus, en quartier, et même au sol avec une communication façon « à la craie » devant certaines bouches de métro parisiennes !

Eurostar

L’agence Leg (dont vous devriez entendre parler souvent ici) signe une fois de plus une campagne Eurostar. Et tout en finesse… Après les aventures d’un jeune homme à la recherche de sa moitié, des spermatozoïdes comparé à des petits haricots… Une affiche rose, en dégradé radial, estampillé d’un « L’île aux adultes ». Londres, l’Angleterre qui va se transformer en théâtre des ébats. Et tarifs réduits pour les petits couples, s’il vous plait… Évidemment, il est trop tard désormais. Vous attendez l’an prochain pour vos roucoulades sous l’œil de Big Ben.

Virgin

La musique, les films, les livres. La culture, c’est probablement quelque chose qui unit le couple, ou le divise. Et ça, les magasins Virgin Megastore l’ont comprit ! LOVE, une sélection pleine de tendresse. Les magasins concoctent les produits qui le raviront autant qu’ils la feront chavirer. Et comme si un texte ne suffisait pas, le signifié des deux protagonistes nous en apprend davantage sur leur activité… On se demande où est passé le film. Une affiche sympa pour rappeler que la Saint-Valentin, ça se passe aussi à la maison avec du Marvin Gaye pour les plus tendres comme avec les Doors pour les plus extrêmes.

Wilkinson

Si l’amour est un cœur, et si un cœur a des poils, l’amour c’est un peu moche. CQFD. Alors Wilkinson use de ce joli artifice pour rappeler à ces messieurs, pour casser leurs images de célibataires négligés ou encore d’amants irritants, qu’il est indispensable d’être aussi lisse que possible. Soyez-doux, pour une fois dans l’année en somme. L’amour est une barbe qui se veut la plus douce… Ou, l’amour est un cœur qui se rase chaque jour… Une meilleure accroche, s’il vous plait ? Mais est-ce bien judicieux quand la barbe et la virilité sont de mise ?

En tout cas je continue à tondre, écouter ma musique et faire mes trajets quotidiens…

UN OUBLI ?

Je vous ai bien parlé de Demak’Up… Si si, plus haut. Mais pas d’analyse dans cet article… Comme je tiens à remercier des visites toujours plus nombreuses, je voudrais faire un petit jeu.

DEMAK UP

Quel est le message que veut faire passer cette affiche ?

Allez les communicants en herbe, jetez-vous à l’eau ! Le gagnant ou la gagnante…