L’infidélité a du bon.

Deux semaines s’étant écoulées depuis la Saint-Valentin, je suis en mesure de revenir avec un sujet qui n’est pas du goût des couples… Et pourtant.

J’avais auparavant écris pour une affiche, celle des Infidèles. Ma suite logique, c’est donc de parler du film, dont je sors il y a une demi-heure.

L'affiche non censurée.

UN CERTAIN MONTAGE

Les Infidèles, lorsqu’on sort de la salle, nous laisse bouche bée. Je ne peux pas révéler la scène finale, qui en dit trop long (du moins, au sens figuré) pour ceux qui n’auraient pas encore vu le film. L’intrigue, si peut tenter qu’on puisse parler d’intrigue, est accrocheuse. Parlons plutôt d’un sujet, d’une trame qui laisse planer nos sept réalisateurs sur le thème de l’infidélité. L’infidélité des hommes, et de la perception qu’ils en ont.

Ce sont pas moins de quatre histoires qui se jonchent, au gré du montage. Des histoires ponctués d’interludes sous formes de sketches plus ou moins convaincant. Ces sketches eux-même servent à insérer des personnages, et créer une histoire… Vous suivez ?

Premier scénario

Dujardin et Lellouche entament ce film en bons termes. Les machos dragueurs sont de sortie, s’arrangent et nous livrent l’essentiel de la bande-annonce. Ray-ban sur le nez, décapotable vintage, costume ou t-shirt… Deux vieux adolescents qui se tournent en dérision ; l’un qui réfléchit et justifie l’infidélité comme un romantisme, l’autre comme un sport, un passe-temps. Les deux trublions n’hésitent pas à prouver leur complicité à l’écran, enchainant les scènes à nu. Au programme des sorties en boites parisiennes, des coups montés et un voyage à Las Vegas. On se sent littéralement décomplexé par le côté amical des deux acteurs, qui vont clôturer le film avec ce scénario assez culotté !

Second scénario

Dujardin, en employé crétin inintéressant obsédé et grisâtre d’une compagnie baptisée Biomap ne connait pas Lellouche, commercial en fauteuil roulant à humour graveleux qui enchaîne les conquêtes. Pourtant, ils se rencontrent lors de ce séminaire avec « Biomapéro » à l’hôtel Saphir. On ne connaîtra rien de la situation de Lellouche, mais Duj saura incarner un Laurent faible, sans humour, sans tact et sans autre objectif que de mettre la main au panier. C’est un échec pour lui, qu’il justifiera par une victoire en chanson… Une très bonne prestation d’Isabelle Nanty pour cette histoire.

Troisième scénario

Dujardin en trader, Lellouche en… Comment dire, un collectionneur habillé en survêtement, Guillaume Canet en BCBG à pull noué autour du cou et Manu Payet en amateur de femmes cougar pour réconforter un complexe oedipien. Ces quatre personnages constituent les interludes qui mènent à une scène, un scénario comique : la thérapie de groupe. Une Sandrine Kiberlain convaincante et drôle dans son rôle de thérapeute pour les Infidèles Anonymes. Exercices de dissuasion, réflexion et agression qui enrichissent une longue partie du film. Chacun apportera son grain de sel pour devenir à nouveau fidèle, pour planter madame Kiberlain.

Quatrième scénario

Lellouche en beau gosse au volant d’un Audi Q7 et un Dujardin en adolescent attardé probablement fan d’Indochine. C’est la première trame sérieuse du film, qui fait réfléchir jusqu’où l’infidélité peut être bête. Épris d’une fillette de 19 ans, Lellouche se perd dans un cercle de jeunes étudiants ingrats, de boites de nuits saturées par le son,la drogue et le libertinage insouciant d’une jeunesse dorée qu’il ne maîtrise pas. Dujardin apporte une touche d’humour à cette histoire qui se solde par un fondu noir et les réflexions d’un homme qui a simplement fait une erreur. Une confrontation entre l’abus de pouvoir d’un certain âge et la désinvolture d’un âge certain. Lellouche touché.

Dernière trame

Aux lumières des bougies sur la terrasse d’une belle bâtisse, Duj et Lellouche se retrouvent. Tous les deux en couple, un dîner entre amis adultes où Alexandra Lamy joue son propre rôle. Lellouche n’hésite pas, à quelques mètres de sa moitié, à parler de ses conquêtes enchainées et ses souffrances psychologiques cycliques. C’est Lisa (Alexandra Lamy) qui va ensuite faire le pas vers Jean pour lui faire avouer son infidélité. C’est sans doute la scène la plus mature et la plus accomplie de ce film, sans trop de dialogue. Le vrai couple hors-caméra retranscrit parfaitement la douleur que suscite les vérités, et les implications stupides qu’elles amènent. Une Alexandra Lamy convaincante, plus belle et plus affirmée. Le temps a joué en sa faveur loin des prestations d’Un gars une fille.

Verdict

Les Infidèles ne sont pas complètement à l’image de la bande-annonce. Une communication basée sur le comique peut laisser perplexe certains spectateurs, notamment au vu des deux derniers scénarios. Le montage est cependant réussi, car la trame principale des deux potes sont le début et la fin du film. On se demande toujours s’ils finissent, ou s’il y a suite. De ce côté là, les sept réalisateurs ont très bien mené la danse.

La complicité entre les deux têtes d’affiche reste déconcertante. C’est un film fait par des amis, qui nous transporte du rire au mutisme, en passant par la réflexion. Chacun peut se retrouver dans un personnage, et peut débattre sur le sujet. Le film vaut la peine de se déplacer, et en particulier pour la scène de fin !

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