Une poule + un film = un nouveau blabla !

Il s’est passé bien des choses depuis le dernier billet, chers lecteurs. Voici un tout petit récap avant mon nouveau blabla ciné !

  • J’ai passé mes examens pour être à bac + 3
  • J’intègre dès la semaine prochaine une nouvelle agence de communication ; il a donc bien fallu passer les étapes d’entretien et d’intégration. Si vous voulez en savoir plus, ça se passe en cliquant sur la poule !
  • Je n’ai pas prit de vacances compte-tenu des deux points précédemment cités.

Bonjour à ma nouvelle agence !

ALLEZ ZOU !

En 2008 avec Vicky Cristina Barcelona  puis en 2011 avec Midnight in Paris Woody Allen parcourt les capitales européennes pour en faire une trilogie de comédies à la fois romantiques et décalées. Hier le réalisateur loufoque a tiré sa révérence avec la sortie de son film hommage à la capitale italienne : To Rome with Love.

La première chose qu’on peut voir, sans parler de bande-annonce évidemment, c’est l’affiche du film. Probablement la plus sobre et minimaliste de la trilogie. La liste d’acteurs par ordre alphabétique est bien utilisée pour l’effet de générique de fin. L’utilisation d’un tampon et l’ajout du baiser au rouge à lèvres laisse place à l’enveloppe, la lettre de d’adieu. Woody quitte donc l’Europe, pour le moment…

LE VOLET

To Rome with Love

Avec cette dernière escapade italienne entre les places et les rues pavées de la belle Rome, Woody Allen délivre le film malheureusement le plus décevant de cette trilogie mais probablement le plus dénonciateur. De bonnes intentions, mais une mauvaise restitution ?

La célébrité

L’aspect sans doute le plus comique prend vie grâce à monsieur Roberto Benigni. L’italien moyen, qui enfile son complet avec une cravate après s’être levé chaque matin à sept heures précises, en rappelant à ses enfants de manger et être à l’heure. Leopoldo se rend toujours au bureau, discute toujours avec ses collègues et donne toujours son opinion. Mais tout le monde s’en fout. Alors au bureau, on se rattrape évidemment en exhibant sa béatitude devant la secrétaire aux dimensions parfaites au service du patron. Triste vie pour Leopoldo, qui se demandera pourquoi personne ne l’écoute.

Mais il suffira de demander ! Aussi sèchement qu’un cut, Benigni se retrouvera comme la coqueluche des médias nationaux et donnera des interviews sur son petit déjeuner, s’il porte des slips ou des caleçons et sur comment il aura renversé son café sur ses documents. La célébrité, à son paroxysme pour donner une leçon de vie. L’habitude…

L’adultère (accidentel ?)

Innovation dans ce volet européen, plusieurs histoires dans les rues de la capitale. Contrairement à Vicky Cristina Barcelona où nous avions 4 protagonistes bien définis et un Gil au centre de l’intrigue de Minuit à Paris, ce n’est pas moins de quatre histoires qui se passent dans la belle architecture de Rome.

Giancarlo et Milly forment un jeune couple tout juste marié. La belle mais complexe Rome leur tend les bras pour leur lune de miel. Malheureusement cette lune de miel ne sera pas placé sous le signe du romantisme, Giancarlo venant également pour affaires et opportunité de travail. Tout partira de l’envie de Milly d’aller chez le coiffeur. Évidemment, pas facile de se repérer dans Rome. Quant à Giancarlo, un curieux quiproquo viendra le rencontrer en la personne d’Anna, jouée par Penelope Cruz. Un rôle qui lui sied, mais qui sonne un peu facile. Il y a peu de choses à comprendre de ce scénario, mais beaucoup à faire en matière d’empathie pour l’un comme pour l’autre.

Opéra, psychanalyse et conformisme américain.

Troisième trame avec Woody Allen qui passe devant sa caméra. Dans l’ordre chronologique du film, cette trame est la première et la dernière.

Hayley est une jeune touriste américaine qui passe l’été à Rome ; comme toute touriste, la carte devient son outil qui ne se révèle pas le plus fidèle. Michelangelo est avocat italien, qui exerce pour ceux qui ne peuvent pas payer. Il indiquera son chemin à Hayley puis l’amènera au restaurant avant de la demander en mariage. Jerry et Phyllis feront alors le voyage jusqu’à Rome pour rencontrer leur futur gendre et ses parents ; un père croque-mort et une femme au foyer.

Phyllis est psychiatre et Jerry fraîchement retraité de l’industrie du disque de musique classique. Il verra en le père de Michelangelo une voix divine à mettre sur les devants de la scène. Associant la retraite avec la mort, il parviendra à ses fins de manière loufoque et « en avance sur son temps ».

C’est la trame du film qui part des meilleures intentions : dénonciation des obsessions à catégoriser et du côté stupide propre aux citoyens outre-Atlantique de faire dans la démesure voire le sournois. Un sentiment au départ noble qui se transformera en supercherie qui pourra en faire rire certains, mais dont le message subliminal restera imperceptible à l’écran.

La longévité de l’amour détrônée par la passion factice.

Quatrième et complexe trame de To Rome with Love, celle qui met en situation une relation triangulaire avec un personnage mi-présent mi-fantôme. John Foy est un architecte renommé venu passé ses vacances à Rome, et doute à l’idée de revenir sur les traces de son passé.

Jack, étudiant en architecture d’origine américaine, croisera John au détour d’une ruelle. Il le guidera jusque chez lui, la même résidence où John avait passé une année de sa jeunesse. Il vit avec Sally, sa petite amie qui fait un excellent café, café qui incitera John à rester dans les parages avant subitement d’être présent lorsque Woody Allen l’aura voulu. Sally, de son côté invite Monica, une brillante actrice dont le pouvoir de séduction est incommensurable. Monica a perdu son petit ami récent et n’a aucune gêne à l’idée d’exhiber sa libido et ses expériences en matière de sexe. Monica devient alors le principal souci de Sally, effrayée que Jack en tombe sous le charme.

John, incarné par Alec Baldwin, connait parfaitement le genre de Monica. Talentueuse, nonchalante mais peu cultivée. Du moins, juste assez pour en faire croire plus long que ce qu’elle sait réellement. Il guidera Jack pour éviter l’impardonnable et lui prouver que la raison n’est jamais aussi forte que la passion, qui le cas échéant a été conditionnée.

C’est la trame la plus en phase avec cette époque où les relations se sont soumises aux moeurs et à leur complexité. La démocratisation de la vie sexuelle, du désir et du fait de l’obtenir et le faire disparaître aussi vite qu’il est apparu est mise sur le devant de la scène. Sans trop de conviction, on est triste pour Jack même si on peut se permettre un « Il le savait ! ». Woody Allen chercherait-il à faire comprendre que même la séduction est victime de la mode ?

BILAN

Conclusion d’un voyage itinérant à travers trois cités aux caractères magiques et romanesques, To Rome with Love se veut plus complet et plus complexe que ses deux prédécesseurs catalan et parisien. Dans la capitale italienne, Allen explore la stupidité d’un acharnement au travail et de l’étiquetage freudien ; la complexité à confronter raison et passion ; le caractère impressioniste que peut susciter la célébrité et la folie que la chance peut instaurer.

Au final, chacun prend la place qui lui était due. C’est toujours un film en conversations, qui ne bouscule pas les codes et reste trop gentil. Comme le réalisateur, en somme.

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L’infidélité a du bon.

Deux semaines s’étant écoulées depuis la Saint-Valentin, je suis en mesure de revenir avec un sujet qui n’est pas du goût des couples… Et pourtant.

J’avais auparavant écris pour une affiche, celle des Infidèles. Ma suite logique, c’est donc de parler du film, dont je sors il y a une demi-heure.

L'affiche non censurée.

UN CERTAIN MONTAGE

Les Infidèles, lorsqu’on sort de la salle, nous laisse bouche bée. Je ne peux pas révéler la scène finale, qui en dit trop long (du moins, au sens figuré) pour ceux qui n’auraient pas encore vu le film. L’intrigue, si peut tenter qu’on puisse parler d’intrigue, est accrocheuse. Parlons plutôt d’un sujet, d’une trame qui laisse planer nos sept réalisateurs sur le thème de l’infidélité. L’infidélité des hommes, et de la perception qu’ils en ont.

Ce sont pas moins de quatre histoires qui se jonchent, au gré du montage. Des histoires ponctués d’interludes sous formes de sketches plus ou moins convaincant. Ces sketches eux-même servent à insérer des personnages, et créer une histoire… Vous suivez ?

Premier scénario

Dujardin et Lellouche entament ce film en bons termes. Les machos dragueurs sont de sortie, s’arrangent et nous livrent l’essentiel de la bande-annonce. Ray-ban sur le nez, décapotable vintage, costume ou t-shirt… Deux vieux adolescents qui se tournent en dérision ; l’un qui réfléchit et justifie l’infidélité comme un romantisme, l’autre comme un sport, un passe-temps. Les deux trublions n’hésitent pas à prouver leur complicité à l’écran, enchainant les scènes à nu. Au programme des sorties en boites parisiennes, des coups montés et un voyage à Las Vegas. On se sent littéralement décomplexé par le côté amical des deux acteurs, qui vont clôturer le film avec ce scénario assez culotté !

Second scénario

Dujardin, en employé crétin inintéressant obsédé et grisâtre d’une compagnie baptisée Biomap ne connait pas Lellouche, commercial en fauteuil roulant à humour graveleux qui enchaîne les conquêtes. Pourtant, ils se rencontrent lors de ce séminaire avec « Biomapéro » à l’hôtel Saphir. On ne connaîtra rien de la situation de Lellouche, mais Duj saura incarner un Laurent faible, sans humour, sans tact et sans autre objectif que de mettre la main au panier. C’est un échec pour lui, qu’il justifiera par une victoire en chanson… Une très bonne prestation d’Isabelle Nanty pour cette histoire.

Troisième scénario

Dujardin en trader, Lellouche en… Comment dire, un collectionneur habillé en survêtement, Guillaume Canet en BCBG à pull noué autour du cou et Manu Payet en amateur de femmes cougar pour réconforter un complexe oedipien. Ces quatre personnages constituent les interludes qui mènent à une scène, un scénario comique : la thérapie de groupe. Une Sandrine Kiberlain convaincante et drôle dans son rôle de thérapeute pour les Infidèles Anonymes. Exercices de dissuasion, réflexion et agression qui enrichissent une longue partie du film. Chacun apportera son grain de sel pour devenir à nouveau fidèle, pour planter madame Kiberlain.

Quatrième scénario

Lellouche en beau gosse au volant d’un Audi Q7 et un Dujardin en adolescent attardé probablement fan d’Indochine. C’est la première trame sérieuse du film, qui fait réfléchir jusqu’où l’infidélité peut être bête. Épris d’une fillette de 19 ans, Lellouche se perd dans un cercle de jeunes étudiants ingrats, de boites de nuits saturées par le son,la drogue et le libertinage insouciant d’une jeunesse dorée qu’il ne maîtrise pas. Dujardin apporte une touche d’humour à cette histoire qui se solde par un fondu noir et les réflexions d’un homme qui a simplement fait une erreur. Une confrontation entre l’abus de pouvoir d’un certain âge et la désinvolture d’un âge certain. Lellouche touché.

Dernière trame

Aux lumières des bougies sur la terrasse d’une belle bâtisse, Duj et Lellouche se retrouvent. Tous les deux en couple, un dîner entre amis adultes où Alexandra Lamy joue son propre rôle. Lellouche n’hésite pas, à quelques mètres de sa moitié, à parler de ses conquêtes enchainées et ses souffrances psychologiques cycliques. C’est Lisa (Alexandra Lamy) qui va ensuite faire le pas vers Jean pour lui faire avouer son infidélité. C’est sans doute la scène la plus mature et la plus accomplie de ce film, sans trop de dialogue. Le vrai couple hors-caméra retranscrit parfaitement la douleur que suscite les vérités, et les implications stupides qu’elles amènent. Une Alexandra Lamy convaincante, plus belle et plus affirmée. Le temps a joué en sa faveur loin des prestations d’Un gars une fille.

Verdict

Les Infidèles ne sont pas complètement à l’image de la bande-annonce. Une communication basée sur le comique peut laisser perplexe certains spectateurs, notamment au vu des deux derniers scénarios. Le montage est cependant réussi, car la trame principale des deux potes sont le début et la fin du film. On se demande toujours s’ils finissent, ou s’il y a suite. De ce côté là, les sept réalisateurs ont très bien mené la danse.

La complicité entre les deux têtes d’affiche reste déconcertante. C’est un film fait par des amis, qui nous transporte du rire au mutisme, en passant par la réflexion. Chacun peut se retrouver dans un personnage, et peut débattre sur le sujet. Le film vaut la peine de se déplacer, et en particulier pour la scène de fin !