Analyse interne et externe du conflit.

Aujourd’hui, je parle indirectement d’un conflit qui dure depuis plusieurs décennies. Nos parents l’ont connu, nous le connaissons et la longévité de ce conflit m’indique que mes enfants le connaitront.

Alors, contre toute attente, c’est un blabla ciné aujourd’hui !

LE FILS DE L’AUTRE

« Alors qu’il s’apprête à intégrer l’armée israélienne pour effectuer son service militaire, Joseph découvre qu’il n’est pas le fils biologique de ses parents et qu’il a été échangé à la naissance avec Yacine, l’enfant d’une famille palestinienne de Cisjordanie. La vie de ces deux familles est brutalement bouleversée par cette révélation qui les oblige à reconsidérer leurs identités respectives, leurs valeurs et leurs convictions. »

La trame, entre la riche et animée Tel-Aviv, un village de la Palestine et le barrage entre chaque territoire, parle d’un sujet qui analyse le conflit, en interne comme en externe.

Deux familles, que tout oppose vont se confronter à la pire des méprises ; la guerre du Golfe sévissant, l’infirmière de cet hôpital a inversé les bébés. Joseph éduqué en juif est né musulman, Yacine né juif est élevé musulman.

INTERNE

Les deux familles, confrontées avec des problèmes de langues, de convictions et de positions sur le conflit se retrouvent face au directeur de cet hôpital pour apprendre la nouvelle. Ou plutôt pour conforter cette nouvelle. Le travail des rôles des parents est juste, l’incompréhension et la colère gagne l’humeur des pères pendant que l’implosion sentimentale subjugue les mères. Portés pendant neuf mois seulement, elles auront élevé le fils de l’Autre pendant dix huit années.

Alon et Orith, parents de Joseph, forment un paradoxe, tout comme Saïd et Leïla ; les pères sont durs, se cachent derrière leurs occupations, leur souci de virilité. Les mères forment la douceur ; Orith dévoile son chaos émotionnel quand Leïla continue à témoigner sa douceur dans le malheur.

Joseph l’apprend lui par hasard ; à cause d’un refus pour le service militaire. Yacine par le dialogue.

Finalement, les enfants seront ceux qui se comportent le mieux.

EXTERNE

Alon, qui exerce ses fonctions dans l’armée, met le doigt sans se mouiller sur le conflit israélo-palestinien. Avec l’émotion qu’il peinera à cacher, délivrer des visas pour la famille Al-Bezzaz fera parti de son quotidien.

Le barrage est un lieu phare de ce film, pas moins de sept séquences mettent en scène le passage de l’Autre côté. Les rêves des uns lorsqu’ils traversent, la curiosité des autres à l’idée de faire le pas.

Lorraine Lévy réalise une fresque romanesque, à la fois dramatique et faussement critique. C’est un euphémisme qui est utilisé pour parler de ce conflit. Mais ces scènes, peu révélatrices et peu en phase avec le conflit, survolent des idées basiques qui n’iront pas vers l’évolution du conflit.

On en garde un long métrage touchant, joué posément qui nous rend certainement meilleur.

L'affiche, séparée en deux.