Une rentrée bien chamboulée.

De retour avec un blabla ciné pour un film qui se chargera aussi de faire un récap’ de son réalisateur.

Mercredi dernier, Quentin Dupieux a fait son retour en salles obscures deux ans après Rubber. Le réalisateur, connu pour son style musical controversé qu’il livre sous le pseudonyme de Mr. Oizo, est un artiste complet qui a su gagner le terrain du cinéma et de la musique grâce à un réseau bien formé et un style résolument décalé.

Côté cinéma donc, il a commencé par Nonfilm, une performance dont l’amateurisme sidère tant par la technique que par le scénario. Disponible en streaming sur Vimeo (cliquez ici), Dupieux fait venir ses potes Kavinsky et Sébastien Tellier pour nous livrer cinquante minutes de n’importe quoi où le compositeur de My God is Blue est au sommet de son absentéisme.

C’est six ans plus tard qu’il revient avec l’encensé long-métrage Steak avec pour protagonistes le duo qui a fait ses preuves, Eric et Ramzy. Steak est un second hommage au grand n’importe quoi. Dans un monde où la chirurgie esthétique est devenue aussi courante que l’eau du robinet, Steak explore, pas souvent avec subtilité, la dimension stupide que les effets de mode peuvent avoir et leur implication sur la réussite des liens sociaux. Tout est remis en question ; beauté, distraction, réussite et intellect. C’est un film qui se passe de début et de fin, qui suit une trame plus ou moins logique mais qui ne bouscule pas les sens malgré des références prononcées pour le chef d’oeuvre de Kubrick, Orange Mécanique.

Trois années ensuite sortait Rubber, le film dont le concept est sans doute le plus déjanté mais le plus captivant des films de Dupieux. L’histoire d’un pneu tueur et télépathe attiré par une jeune fille dont l’aventure est observée depuis l’autre bout du désert par un petit groupe de privilégiés. Le film reprend de loin les codes de la première performance de Mr. Oizo, Nonfilm. Le chef de la patrouille, qui ouvre le film en annonçant un hommage au « no reason » est celui qui bouleverse une nouvelle fois les codes en expliquant, une fois mais en vain, que le film est terminé et que les dits spectateurs sont tous morts. La suite n’est pas de cet avis… Rubber part du concept le plus psychédélique mais prouve le travail de cohésion dont Dupieux a su faire preuve grâce à une trame plus ordonnée et moins complexe à suivre. Rubber a un début, une fin bien définie et suscite l’intérêt. Toujours un clin d’oeil évidemment avec la présence cette fois de Gaspard Augé (qui l’a assisté dans l’élaboration de la BO du film) et de Pedro Winter.

WRONG

Sorti mercredi 5 septembre dernier en salles, Wrong est un merveilleux compromis des expériences passées de Quentin Dupieux. Un film rythmé autour de scènes truffées de détails tous plus absurdes les uns que les autres bâti sur un scénario-concept des plus simples voire bénins.

Dolph Springer se réveille un matin, et constate la fugue de son chien. Dolph, c’est le voisin à qui on ne pose pas de question, mais c’est un vrai bordel. Viré il y a trois mois, Dolph continue pourtant d’aller à son travail et aime prétendre travailler ; il s’interroge sur la signification du logo de la nouvelle pizzeria du coin qui lui a glissé un dépliant dans sa boite aux lettres ; il adore les palmiers dans son jardin et a un réveil de chevet très particulier.

Le retour d’Eric Judor ajoute au côté « n’importe quoi » de Wrong. Le film est, en terme de structure et de perception, l’opposé abouti de Rubber par sa qualité technique, la facilité de suivre une trame tout en étant parfois perdu. Dupieux a su trouver la part belle entre scénario simple et multitudes de points de vue, de protagonistes et de détails scéniques qui nous laissent perplexe mais surtout qui nous maintient à coups de « Ah mais oui il l’avait dit ! ».

En résumé, Wrong est une belle histoire qui se démarque de par sa narration ; Studio Ciné Live a récemment placé Dupieux comme le Lynch de la comédie. Mention spéciale pour la BO signée par le réalisateur lui-même en collaboration avec Tahiti Boy, particulièrement pour le titre « Resolution ». C’est donc avec beaucoup d’impatience que j’attends son prochain opus.

Je vous laisse avec la bande-annonce du film, le morceau Resolution et une petite question pour ceux qui auraient vu chaque film de Quentin Dupieux 😉

À bientôt !

Le teaser

Le morceau

La question !

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Deux mois en une page, pratique.

Bonjour !

Voilà la saison estivale, qu’on assimile au fait de se prélasser, qui s’évapore petit à petit à l’approche du mois de septembre. Quelques derniers profiteurs ont toujours des parasols au-dessus de leur tête ou sillonnent les paysages au gré d’un traffic parfois lent, parfois fluide, sous une chaleur suffocante.

Personnellement, mes vacances ont été rythmées par les festivals et concerts en tout genre auxquels j’ai pu assister. Septembre sera également un beau mois marqué par la venue de Sigur Ròs au théâtre antique d’Arles.

Pas vraiment de blabla pour ce post, juste ce petit mot, et à suivre quelques passages de ces superbes moments musicaux, et l’annonce du prochain article d’ici mi-septembre.

JUSTICE – LIVE AT NÎMES

Le concert des arènes qui a su attirer les plus belles rumeurs. Rumeurs qui tendent à se confirmer via certains blogs ou certains actes directement sur YouTube… Une capture d’écran à l’appui :

Un interdit qui a bon goût…

Alors, Justice en live aux Arènes de Nîmes : le prochain DVD baptisé « Justice for all » en hommage à MetallicA ? Du nouveau très vite, on l’espère.

SÉBASTIEN TELLIER AU PONT DU GARD

Le plus déjanté des musiciens de cette french touch nous a régalé pendant plus d’une heure de concert, avec une setlist qui comprenait des morceaux de Sexuality et de son dernier né My God is Blue ; le choix de la vidéo s’impose. Sébastien Tellier est un OVNI, avec qui on prend plaisir en écoutant sa musique, mais aussi pendant ses intermèdes où il pousse son rôle de gourou psychédélique jusqu’au bout en parlant de sexe, de son passé en pensionnat pour garçons ou encore à quel point il « kiffe » prendre son temps.

PAUL KALKBRENNER AU KOLORZ FESTIVAL

Le nouveau visage de la techno à succès est allemand, et Paul Kalkbrenner a su satisfaire son public avec une belle performance où chacun y a trouvé son compte grâce aux morceaux sortis de l’album qui a su faire grimper sa notoriété, Berlin Calling. Cependant, une belle surprise a traversé la foule avec ce petit cadeau : le remix de La Mezcla de Michel Cleis. Enjoy !

C2C AUX ELECTROS D’UZÈS

Le quatuor formé des précédents Hocus Pocus et BeatTorrent ont su, grâce à leur fameux EP Down the Road et leur passé riche en sons entre hip-hop et électroniques, faire bouger toute une fosse jusqu’à la dernière ligne. Des génies du turntable en image !

Voilà pour cet été ; le 11 septembre marquera un véritable tournant après toute cette vague électronique endiablée. Mais, le prochain blabla devrait parler cinéma !

Bonne fin de vacances 😉